On connaissait Hugo dessinateur de talent, moins Hugo décorateur compulsif. Eclectisme romantique et peur du vide, c'est ainsi qu'on pourrait résumer son style.
HUgo décorateur, jusqu'au 26 avril, Maison Victor Hugo Paris 4
L'exposition Hugo décorateur occupe deux étages de son ancienne demeure Place des Vosges, dont il avait rempli les espaces, murs et plafonds compris, avec des tentures, tapis, œuvres d'art et objets de curiosité.
En 1856, éxilé sur l'île de Guernesey, il y acquiert une maison qu'il baptise Hauteville House et la décore jusqu'à saturation, ne laissant aucun espace vide. Bien que chargée à l'excès, une curieuse harmonie se dégage de ses assemblages romantico-poétiques, des contrastes assumés et de la claire volonté de ne pas se soucier du bon goût.
L'exposition fait la part belle à la Hauteville House (qui se visite) à l'aide d'esquisses de Hugo, de tirages d'époque et de photographies réalisée par un de ses descendants, après restauration de la demeure en 2018.

Si vous êtes loin de Guernesey et si vous avez des cadeaux en retard, voyez le catalogue. Dans la salle à manger, Hugo a dessiné une cheminée couverte de céramiques, en créant un double H monumental.


Collectionneur compulsif d'objets chinés, Hugo faisait transformer des meubles d'époque en les remontant avec d'autres pièces récupérées. Au premier plan, un banc en chêne constitué d'éléments de sources diverses, comme les deux griffons qui le surmontent.

Pour ses enfants et petits-enfants, Victor Hugo réalisa une maison de poupée en carton (vers 1830) et un miroir ainsi que son cadre (1870). Ce dernier figure un bassin et la barrière qu'Hugo fit dresser autour pour empêcher son petit-fils d'y tomber. Il y grava le poème qu'il composa à l'attention des oiseaux représentés.
