Peu fréquenté - la visite n’en est que plus agréable - Cognacq-Jay est un musée de la Ville de Paris niché dans un hôtel particulier du Marais, abritant une riche collection de peintures et objets du XVIIIème. Agnès Thurnauer y fait dialoguer ses œuvres avec celles de François Boucher ou Fragonard et avec des pionnières telles Élisabeth Vigée Le Brun ou Madame de Staël.
Agnès Thurnauer "Correspondances"
Musée Cognacq-Jay (Paris 3), jusqu’au 8 février 2026.

« Le langage est la colonne vertébrale du travail Agnès Thurnauer travaille par séries ouvertes, celles-ci se répondant les unes les autres, tissant ensemble figure et abstraction, texte et image »
Dans Sleepwalker (2013), l’artiste est nue, de dos, en contrepoint avec l’imaginaire érotique de Vénus, un marbre d’Henri-François Poncet (1778) et de L’Odalisque de François Boucher (1743).

Matrices est une série de sculptures de lettres fragmentées en plâtre. « Déconnectées de leur fonction linguistique habituelle, ces formes vides, conçues comme des moules, se transforment en formes plastiques à recomposer mentalement, révélant le langage comme structure en formation et comme fondement de toute pensée ».

Dans la série Prédelle (Now #11), les ciels nuageux d’Agnès Thurnauer répondent aux paysages célestes de la tradition italienne, ici une Vue du canal de Santa Chiara à Venise, vers 1730, de Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto.
